Encore une Madone !

C’est durant la période Florentine, entre 1503 et 1506 que Léonardo di Ser Piero da Vinci dit Léonard de Vinci a réalisé La Joconde, portait en buste réalisé à la peinture à l’huile sur bois.

Cette Mona Lisa (ou Monna Lisa)  est considérée comme le chef d’œuvre de l’artiste ! A l’époque Léonard de Vinci est le premier à réaliser un portrait souriant (à l’exception du tableau d’Antonello de Messine, L’homme qui rit, conservé à Cefalu en Sicile).

Mais ce qui captive encore aujourd’hui et intrigue les spectateurs c’est la question de l’identité de cette Monna Lisa. Plusieurs pistes sont envisagées. Parmi les noms on retrouve : Isabelle d’Aragon, Caterina Sforza, Isabelle d’Este, un autoportrait travesti de Léonard de Vinci lui-même…

La thèse la plus probable serait celle de Lisa Maria Gherardini, née le 5 juin 1479 à Florence, membre de la famille Gherardini de Florence en Italie. Elle fut la  troisième épouse du marchand de soie Francesco del Giocondo, de quatorze ans son aîné. Ce n’est qu’au XXIe siècle que l’identité a été confortée.

Léonard de Vinci présente sa Joconde comme une femme à la mode, plutôt aisée.  Plusieurs historiens la décrivent comme étant dans une période de deuil, en attestent ses vêtements. Elle est décrite comme une femme vertueuse. En effet, elle pose la main droite sur la main gauche. A l’origine la Joconde aurait eu des sourcils et des cils mais que Léonard de Vinci aurait retirés afin de ne pas être en dehors de la mode du XVe siècle.

Mais, depuis quelques temps la Joconde revient dans l’actualité. En effet, on lui a découvert une jumelle. Le tableau appartient au musée national du Prado à Madrid depuis sa fondation en 1819 et comporte beaucoup de similitude avec l’original, celui de Léonard de Vinci réalisé entre 1503 et 1506.

Cette « jumelle » est depuis plusieurs années dans ce musée à Madrid seulement l’arrière fond était recouvert de noir. C’est à la demande du Louvre qu’on a réalisé un nettoyage du tableau et découvert le fond similaire à celui de la Joconde du Louvre. Cette restauration a été faite récemment en 2012. L’attribution de l’œuvre est pour l’instant accréditée à l’un des élèves de Léonard de Vinci : Andrea Salai ou Francesco Melzi. Mais il ne s’agit que d’une hypothèse. Des rumeurs circulent également sur le fait que Léonard de Vinci lui-même aurait fait le tableau du Prado après la Joconde du Louvre. Ce qui est sûr selon les historiens c’est que les deux tableaux ont été produits dans le même atelier et à la même période, soit pratiquement en même temps. Ce qui constitue une véritable révélation.

Le travail de restauration du tableau du Prado a débuté il y a deux ans en vue de l’exposition « l’ultime chef d’œuvre de Léonard de Vinci, la Sainte Anne ». Une étude de comparaison du tableau a alors été menée à l’infrarouge afin de déterminer comment le tableau a été peint ainsi que de déterminer son état de préservation.

Grâce aux analyses et à la restauration le tableau a pu être remis à l’état d’origine. Il avait en effet jusque-là le fond noirci (probablement depuis le milieu de XVIIIe siècle par effet de mode ou de style). On ne distinguait alors plus le paysage qui était caché. Après les différentes analyses faites sur le tableau du Prado on peut constater qu’il a été fait dans un panneau de noyer, support que Léonard de Vinci et son cercle de milanais utilisaient habituellement.  Ce qui se dégage des diverses observations c’est la conclusion que les deux tableaux, celui de Léonard de Vinci et celui du Prado ont été produits en même temps et en parallèle ! Ce détail apporte un considérable changement puisque jusqu’alors les copies et pastiches de la Madone n’avaient été fait qu’après la date de sa création. L‘analyse comparative du Prado démontre des détails identiques entre les deux tableaux. En effet on peut remarquer des détails tels que les chiffres identiques par rapport à la forme et à la taille. Dans les détails techniques du Prado révèlent que les deux tableaux semblent avoir subi les mêmes corrections de la part des peintres. Par ailleurs, les deux tableaux ont pratiquement les mêmes dimensions 77 x 53 cm pour le tableau du Louvre et 76 x 57cm pour celui du Prado. Il  y a vraiment une identité de dédoublement de tableaux, ils comportent beaucoup de similitudes, d’où l’appellation d’œuvres « jumelles ».

Le Figaro a écrit un article particulièrement bien ficelé qui traite des deux tableaux. Vincent Delieuvin,  conservateur des peintures italiennes affirme que :  » La copie du Prado est une très belle peinture mais celle de Léonard De Vinci est exceptionnelle et d’un raffinement cent fois supérieur avec ses effets de sfumato (évanescence), ses transitions de l’ombre à la lumière très subtiles qui donnent vie et mouvement aux formes ».

Du 29 mars au 25 juin 2012 , le Prado(Madrid) prête à l’occasion de l’exposition sur « La Sainte Anne ultime chef d’œuvre » de Léonard de Vinci  la réplique du Prado  . Les spectateurs qui  se fascinent pour ce tableau auront le privilège d’admirer et de comparer ces deux tableaux au Louvre et d’apporter leurs propres jugements sur ce tableau dont on parle beaucoup en ce moment.

La Joconde qui possédait déjà plusieurs répliques, se voit désormais attribuer une copie plus vraie que nature. Ce tableau connu de tous sans l’être dévoile encore des surprises et n’a pas fini de surprendre…

Parmi les nombreuses répliques de La Joconde comment ne pas évoquer l’image parodique de Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q datant de 1919.  Il s’agit  d’une carte postale. Marcel Duchamp dira de cette œuvre :  « Cette Joconde à moustache et à bouc est une combinaison readymade/dadaïsme iconoclaste. L’original, je veux dire le readymade original, est un chromo 8 x 5 (pouces) bon marché au dos duquel j’écrivis cinq initiales qui, prononcées en français, composent une plaisanterie très osée sur la Joconde. ». L.H.O.O.Q est un homophone de « look » (regarder en anglais) mais également un allographe où on peut y lire « elle a chaud au cul ».

http://www.louvre.fr/

http://www.museodelprado.es/

Publicités