Rôle des récompenses dans les succès cinématographiques : le phénomène the Artist !

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Film de l’année 2011-2012, the artist réalisé par Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo, ne cesse de faire parler de lui ! En 21 semaines, il a été vu par pas moins de 2 703 131 spectateurs. Il remporte 5 Oscars (meilleur film, réalisateur, acteur, musique, costumes) sur 10 nominations, et 6 Césars (meilleur film, réalisateur, actrice, musique, décors et photographie). Au total, ce film cumule à lui seul 52 prix et 47 nominations ! Alors que penser du cinéma aujourd’hui ? Les récompenses sont-elles à l’origine des films à succès ? Les récompenses motivent-elles à aller en salle ? Retour sur l’histoire du cinéma et ses récompenses, et perception de celui-ci aujourd’hui.

licence CC BY-SA 2.0 -Thomas Claveirole

C’est en mars 1895 à Paris, que la première projection organisée par les frères Lumière a lieu. Le cinéma est alors muet et le restera, jusqu’à la sortie du Chanteur de jazz le 6 octobre 1927 aux Etats-Unis. Ce n’est que deux ans plus tard, avec Sous les toits de Paris, que le cinéma parlant apparaît en France. Ce changement brutal ne laisse pas indifférent et les avis diffèrent entre la naissance d’ « un monstre redoutable » et « l’avenir ». Malgré la fascination du public, l’irruption du son est pour certain une tragédie. Les véritables voix des acteurs sont révélées, et surprennent ou déçoivent parfois les spectateurs. Le monde du cinéma devient de plus en plus impitoyable et certains acteurs se voient délaissés. De plus, avec l’arrivée du cinéma parlant, le langage universel disparaît, car le simple remplacement des intertitres n’existe plus.

Le fameux trophé hollywoodien : le César licence CC BY-NC-SA 2.0 – mafleen

Au même moment aux Etats-Unis en 1928, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, récompense pour la première fois par une statuette, les meilleurs films américains et étrangers ainsi que les meilleurs techniciens américains. La statuette de 25 cm, en bronze recouverte d’or nommée Oscar en 1931 (suite à une remarque d’une secrétaire trouvant que l’objet ressemblait à son oncle du même nom) fut dessinée par Cédric Gibbons (chef du département décoration de la MGM) et réalisée par George Stanley. La remise de l’Oscar est attribuée à la suite de nombreuses sélections qui déterminent cinq « nominés » parmi lesquels on choisit le gagnant. Les acteurs et actrices récompensés lors de la cérémonie solennelle, reflètent souvent le goût du public. En France, Georges Cravenne (publicitaire professionnel), proposa dès 1975, une équivalence des Oscars à la française : les Césars, du nom de leur père-sculpteur, César. Ces trophés de 3 kg et de 30 cm représentent le travail de l’artiste. L’attribution des prix, célèbre le cinéma français et quelques mentions sont réservées pour les films étrangers.

Aujourd’hui, je m’interroge sur cette industrie du cinéma et son influence dans nos vies. Sommes-nous sous l’emprise des choix « des spécialistes » du 7ème art ? Des médias ? Ou encore de notre représentation des « stars » ? Pour tenter de trouver une réponse, j’ai demandé  l’avis de quelques personnes de tous âges, de mon entourage. Ainsi, bien que certains n’aient pas vu ou n’aient pas adhéré au film, tous s’entendent pour dire que les récompenses motivent les spectateurs à aller voir les films primés dont the artist. Malgré tout, 70% considèrent que les récompenses ne modifient pas leur propre perception des films en général. Mais paradoxalement, 64% des personnes interrogées pensent que les récompenses créent les films à succès. Difficile donc de savoir et de comprendre d’où vient le véritable succès des films et s’il suit le goût du public ou si le goût du public fabrique les succès ? 

Pour aller plus loin sur ces questions, Theodor W. Adorno et Max Horkheimer apportent des réponses et théorisent le nouveau rapport de l’industrie à la culture dans ce qu’ils ont appelé les « industries culturelles » ( voir le chapitre philosophie).

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